La difficile collaboration à long-terme entre une PME et son agence Web ou l'amélioration continue survivra-t-elle à la routine ?

par Thomas Fourdin, le 31 janvier 2012, 17:30 - Lien permanent

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Dans un précédent billet (Pour une PME, dompter son existence en ligne est pari impossible ?), je notais combien le web s’était complexifié ces dernières années. A quel point il devenait difficile pour une entreprise dont ce n’est pas le métier de penser et d’optimiser sa présence en ligne. Outre la spécialisation grandissante des métiers du web, une dimension supplémentaire, celle du temps projet, vient encore d’avantage « gripper » les relations entre le petit annonceur et ses prestataires Internet.

Dans ses supports de communication du XXe siècle (!), l’entreprise entretenait essentiellement un mode dit « projet » avec ses agences. Les étapes étaient clairement successives depuis la définition jusqu’à la livraison (impression, diffusion) du produit fini. Avant de reprendre un nouveau projet pour la campagne suivante. Et tenter, autant que possible, de tirer les enseignements du bilan précédent.

Avec le web, le schéma d’amélioration continue de sa présence en ligne amène une temporalité bien différente. Il ne s’agit plus de collaborations éphémères et régulières, mais plutôt d’une coopération permanente entre l’annonceur et ses agences. Le passage brutal d’un mode « projet » à un mode « exploitation continue » qu’il s’agit, pour les entreprises, d’apprivoiser.

En effet, ce nouveau mode de collaboration se révèle beaucoup plus complexe à manier. L’entreprise et ses agences se trouvent embarquées ensemble pour une durée conséquente sans réelle possibilité de se séparer. Sur la majorité des projets auxquels il m’a été donné de participer, une agence web a, par exemple, été choisie lors de la création ou refonte d’un site. Bon gré mal gré, l’annonceur continue à la faire intervenir jusqu’à la prochaine refonte mais le cœur n’y est plu. Les tâches d’aménagement ou de corrections sont trop minces et trop peu visibles pour attirer l’enthousiasme de l’agence. L’annonceur, obligé de faire appel à l’agence en charge de la réalisation initiale, se sent pris au piège et trouve tout trop cher. L’urgence est beaucoup moins palpable que lors du projet initial où une date officielle de mise en ligne avait été annoncée en grande pompe. La réactivité s’en ressent et la liste des « petites choses » à faire s’allonge…

C’est pourtant sur cette gestion de la vie du site que les enjeux sont les plus grands. Lors de la création d’un dispositif en ligne, les idées ont fière allure mais ne sont pas passées au crible de leur efficacité réelle. Une fois en ligne, des données beaucoup plus factuelles pointent du doigt les faiblesses qu’il faudrait corriger. Ces « petits aménagements », appuyés sur des chiffres beaucoup plus concrets, font réellement la différence !

Peu de pistes d’amélioration pour faciliter cette collaboration continue entre l’annonceur et ses agences web sinon de compter sur une « éducation » à mener des deux côtés pour aboutir à une meilleure compréhension mutuelle. Pour que les objectifs soient les mêmes et l’amélioration continue une vraie force.

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Pour une PME, dompter son existence en ligne est pari impossible ? ou le web en 2011, une affaire de spécialistes

par Thomas Fourdin, le 19 octobre 2011, 18:41 - Lien permanent

catégorie : Réflexions - tags :

En 2011, la spécialisation de l’Internet pousse dehors les petits et moyens acteurs, difficilement en mesure de tenir le rythme et les budgets.

L’apogée du « 2.0 » signifiait la conquête du web par le grand public. Plus besoin d’être bidouilleur ou d’avoir les moyens d’une grande entreprise pour être enfin visible et diffuser ses contenus et idées en ligne.

Pour les petites et moyennes entreprises, c’était le temps de la facilité. Pour qui avait un peu de jugeote, il devenait possible d’exister à moindres frais en ligne. Une plate-forme de blogs, un CMS gratuit, un compte paypal et l’essentiel était assuré.

les 4 âges de l'Internet

4 âges pour l’Internet ?

Mais avec la professionnalisation galopante d’Internet, ses usages et ses outils deviennent toujours plus complexes à maîtriser. Il faut désormais percer à jour les arcanes des liens Adwords ou des Facebook Ads, tenter de suivre les virages des groupes et pages Facebook, y soigner sa relation, surveiller son « e-réputation », décrypter les API, géolocaliser, doper son SEO, décrypter les règles juridiques, analyser ses statistiques, produire des vidéos, décliner ses services sur mobile, maîtriser des CMS spécialisés. Autant de disciplines différentes impossibles à maîtriser à temps partiel.

Alors que chez les pure players, le nombre de fiches de postes distinctes dédiées à Internet se comptent désormais en dizaines. Alors que les agences se spécialisent qui dans le social CRM, qui dans les web-analytics, qui dans le brand content, etc. Alors que les budgets pour capter l’attention d’un internaute sursollicité augmentent chaque jour. Comment, pour un petit ou moyen acteur sur le web, réussir à maintenir un dispositif digital optimisé et soutenir le rythme des innovations et tendances ?

Maintenir une compétence suffisante en interne est pari impossible ; s’attirer les services d’un expert pour chaque domaine un gouffre financier. Que faire ?

Favoriser les parcours de lecture sur les sites de contenus ou tentative de typologie des liens de rebonds sur les sites de contenu

par Thomas Fourdin, le 29 septembre 2011, 21:52 - Lien permanent

catégorie : Réflexions

Pour les sites dont le contenu est le centre (sites de presse, site thématiques), un des leviers de performance est de multiplier le nombre de contenus vus par un même internaute. Pour cela, il faut constamment lui proposer d’autres contenus susceptibles de l’intéresser. Il s’agit donc d’accompagner efficacement son parcours utilisateur (ou « parcours de lecture ») au sein des contenus.

Plusieurs critères permettent d’optimiser la sélection des autres contenus à proposer. En voici une sélection que j’essaierai de tenir à jour avec les exemples trouvés en ligne. N’hésitez pas à me corriger ou à m’en signaler d’autres dans les commentaires.

Critères d’optimisation des parcours de lecture
selon le contexte du contenu
les étapes de lecture la pagination, « à lire ensuite »

articles paginés sur nytimes.com

du même auteur -
traitant de la même thématique même rubrique, mêmes tags ou mots-clés

mots-clés liés sur 20minutes.fr

dans d’autres formats même sujet mais dans d’autres formats. Ex : info flash, chiffres, vidéo, diaporama, animation, etc. Possible sous forme de « dossier »

contenus sous d’autres formats sur lemonde.fr

partageant une même méta-donneé Ex. : même année, même lieu, même artiste, etc.

autres films partageant des membres du casting sur allocine.fr

de précision d’un élement du contenu glossaire, page « topic »

accès aux pages globales « topic » sur nytimes.com

d’utilisation du contenu par le biais de quizz, jeux, débats
selon le contexte des lecteurs
les contenus plus vus -

contenus les plus lus sur figaro.fr

les contenus les plus partagés envoyés par e-mail, partagés sur les réseaux sociaux

contenus les plus partagés via Facebook sur lemonde.fr

les contenus les plus commentés

contenus les plus commentés sur france24.com

les contenus les mieux notés, les plus recommandés si une évaluation rapide est proposée aux lecteurs
selon le contexte personnel du viseur sur le site
l’historique du lecteur les contenus déja consultés sur le site
le profil du lecteur âge, sexe, adresse, profession, etc.
le statut du lecteur Exemple : nouvel inscrit, abonné, primo-visiteur
les centres d’intérêt du lecteur si déclarés lors de l’inscription
selon le contexte personnel hors site
les centres d’intérêt déclarés ou collectés sur un autre site à partir des données utilisateurs Facebook par exemple
vos amis ont aimé, vous recommandent -

recommandations des contacts Facebook sur nytimes.com

selon le contexte de provenance du visiteur
la requête saisie dans les moteurs de recherche idenfication de l’expressoin de recherche à l’origine de la visite
le site référent site de provenance du visiteur
la campagne ou le support de provenance depuis un réseau social, de la publicité, un e-mailing, etc.
sans contexte
au hasard -

article au hasard sur fr.wikipedia.org

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La fuite du temps réel sur Twitter : RT ou lire les articles de fond, il faut choisir ! ou la mort du petit commerce

par Thomas Fourdin, le 16 septembre 2011, 21:48 - Lien permanent

catégorie : Réflexions - tags :

La consultation de Twitter et la lecture des pages web ainsi collectées sont deux activités (au moins dans mon cas) séparées dans le temps. A l’ère du temps réel, il devient donc complexe de retrouver et de retweeter le tweet à l’origine de la lecture. Quelle est la valeur du « RT » quand la timeline s’efface plus vite que le temps nécessaire pour lire ce qu’elle propose ?

Twitter est un mine de liens vers des contenus de fond disséminés sur la Toile. Dans ma veille quotidienne, par exemple, il seconde parfaitement Google Reader. Le lecteur RSS me permet en effet de suivre les experts déjà identifiés dans mes domaines d’intérêt. Twitter, lui, apporte de l’inédit et de l’ouverture et permet parfois d’étoffer la liste des flux à suivre désormais sur Google Reader (vous suivez toujours ?).

1/Butiner sur Twitter, 2/Lire les articles collectés

Cette fois je m’y mets !

Mais concrètement, alors que Twitter me fait découvrir chaque jour une dizaine d’articles très instructifs, je faisais hier le constat que je ne les « retweetais » quasiment jamais pour les partager à mon tour. Mais pour comprendre pourquoi, petit retour sur les étapes de ma consultation de Twitter :

  • plusieurs fois dans la journée, je prends connaissance de tous les tweets remontés dans ma timeline depuis ma dernière consultation (sur une centaine d’abonnements, cela peut vite représenter 50 ou 100 nouveaux tweets à lire) ;
  • je les parcours rapidement et j’ouvre dans d’autres onglets les pages web susceptibles de m’intéresser ;
  • une fois tous les articles ainsi ouverts (immédiatement après ou lors d’une prochaine pause), je prends le temps de les lires de fond en comble ;
  • c’est seulement à ce moment là, que la valeur de l’article à mes yeux et la possibilité de le partager se dévoile ;
  • mais j’ai alors déjà perdu de vue le tweet initial dans ma timeline et souvent même oublié qui était la personne à l’origine de ce partage ;
  • me voilà bien marri !

Qui va mémoriser le tweet référent à ma place ?

Après réflexion et maintenant que Twitter généralise l’usage de son propre raccourcisseur d’url t.co, je me demande donc si il ne serait pas souhaitable que Twitter reproduise la barre de partage en haut des pages web liées (à l’image de ce que peut faire un service comme StumbleUpon – voir la copie d’écran ci-dessous). Ou, tout au moins, une option (car ces outils à frame ont d’autres inconvénients) qui mémoriserait le tweet initial, permettrait ainsi des ReTweets plus qualitatifs et plus posés. Qu’en pensez-vous ?

La barre de StumbleUpon en haut de la page proposée

Une autre question que cela pose est « Comment font ces utilisateurs Twitter qui retweent en pagaille dans un temps plus court que celui nécessaire pour prendre connaissance de l’article lié ? ». Comment ? Quand même pas ? Non ? Et si…

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Après le contenu, les liens-rois ?

par Thomas Fourdin, le 2 mars 2011, 19:26 - Lien permanent

catégorie : Réflexions

Le contenu est désormais considéré à sa juste valeur au centre du dispositif on-line. Mais en revanche, l’hypertextualité fondatrice d’Internet ne semble pas encore complètement maîtrisée [marquez ici une pause respiratoire]. Rédiger et publier les contenus est important mais organiser les parcours de lecture d’un contenu à un autre est pourtant tout aussi crucial.

Dans le cas des sites dits éditoriaux, la capacité à engager l’internaute dans une visite durable est ainsi directement génératrice de résultats. Dans le modèle publicitaire (sites de presse par exemple), le nombre de contenus vus est directement responsable du chiffre d’affaires. Dans le cas de sites de communication institutionnelle ou privée, chaque contenu vu est un temps supplémentaire d’exposition aux messages.

Pourtant je reproche (« j’accuse ! ») aux acteurs internet d’aujourd’hui de ne pas assez se pencher sur l’optimisation de ces parcours de lecture. De ne pas tout mettre en œuvre pour accompagner l’internaute d’un contenu vers un autre dans une progression logique et engageante.

Par exemple je suis toujours surpris de l’approche « brutale » de la majorité sites de presse qui, en marge d’un article, se contentent d’un pavé de liens connexes sans même tenter de préciser les complémentarités entre contenus (formats de contenus, degrés d’actualité, niveau de détail, chronologie, etc.). Une expérience de parcours de lecture qui est pourtant efficacement mise en œuvre à l’unité dans les formats de type webdocu.

Le pavé « à lire aussi » sur le site lefigaro.fr

Dans les métiers du web

On à vu apparaître des responsables éditoriaux chargés du contenu, des trafic managers en quête d’audience, les community managers, etc. Mais à ma connaissance il n’existe pas de visit managers (ou hypernavigation directors, le terme reste à inventer) dont la mission serait de faciliter éditorialement les parcours de lecture et le nombre de contenus vus. Je ne parle pas ici de la conception des gabarits de pages en amont mais bien de la gestion au quotidien des liens entre contenus.

Pour l’exemple, lors de ma mission chez 20minutes.fr (en 2007 déjà) il existait un poste de gestionnaire de la page d’accueil. Sa mission, à l’instar d’un secrétaire de rédaction pour le papier, consistait à optimiser en continu l’organisation des contenus présents en page d’accueil. Ses objectifs étaient de maximiser le nombre de contenus vus depuis cette page en fonction de l’actualité et des attentes des internautes. C’était le seul poste en 2/8 et maintenu le week-end.

Dans les outils de gestion de contenus

Les outils CMS orientent majoritairement leur organisation autour des pages de contenu. La page ou l’article devient l’élément clé. Il n’y est pas possible de renseigner d’un seul tenant un sujet ou un dossier regroupant des contenus de natures différentes. Il reste très complexe de visualiser et d’optimiser un parcours de lecture constitué de plusieurs articles.

À l’inverse, la gestion des liens dans les outils de gestion de contenus est réduite au minimum. Les liens sont gérés comme une surcouche et non comme un élément constituant des contenus. Peu ou pas d’outils sont nativement fournis pour visualiser l’ensemble des liens actifs entre les contenus, les liens morts ou proposer des liens manquants.

Dans la conception des sites

La valeur des architectes de l’information est désormais reconnue mais elle me semble encore trop souvent se réduire à la conception unitaire de la page de contenu, à l’organisation de la page d’accueil et à l’arborescence. La encore, la valeur des liens entre contenus est sous-estimée. Leur expertise devrait pourtant permettre d’optimiser les lectures page à page. Je crois effectivement l’avoir déjà dit.

Dans les outils de suivi

L’analyse des parcours individuels grâce aux web-analytics est un travail très complexe. Il serait pourtant primordial de pouvoir mesurer l’efficacité comparée des parcours de lectures sur un site éditorial. Chaque contenu devrait ainsi pouvoir être évalué dans sa capacité à faciliter la suite de la visite sur le site. Le taux de rebond fait maintenant partie de l’attirail de suivi mais il n’est que la donnée superficielle de cette mesure.

Le pavé &laquo sur le sujet » sur le site liberation.fr

Je ne vais pas le répéter une fois de plus mais il me semble que ce champ de travail est encore très peu arpenté. Est-ce un sentiment partagé ? La maturité dans la gestion des liens entre contenus est elle encore balbutiante ou suis-je déjà un vieux ronchon ?