Réflexions

Pourquoi si peu de ressources sur le multi-sites ? ou qui nous aide à organiser un portefeuille de sites web ?

par Thomas Fourdin, le 15 novembre 2012

La majorité des entreprises possède plus d’un site web. Que ce soit pour s’adresser à des cibles spécifiques, valoriser un portefeuille de marques, distinguer chaque filiale, adopter un contexte local, etc.

Capture d'écran de la page "tous les sites web" de General Motoros

Chez General Motors, on ne lésine pas sur le nombre de sites Web

Alors qu’Internet regorge d’explications pour créer et optimiser un site Internet, on trouve très peu d’éléments d’explications pour organiser un portefeuille de sites web. Les mêmes questions se posent pourtant pour chaque entreprise commmunicante :

J’ai moi-même été confronté à ces questions en interne chez Renault (on appelait ça la « galaxie des sites Renault ») et auprès des clients que j’accompagne aujourd’hui (où on préfère parler d’« écosystème Internet »)…

Étrangement, on trouve plus d’explications sur la façon dont déployer une liste d’espaces officiels sur les réseaux sociaux et les faire vivre conjointement que pour les sites web eux-même (question de tendance médiatique surement).

Il me semble donc qu’il subsiste un domaine entier de bonnes pratiques à mieux formaliser pour organiser un portefeuille de site web à l’échelle d’une grande entreprise. Je vais tenter ici d’en défricher certains aspects, restez connectés ! Si vous connaissez des ressources sur le sujet, n’hésitez pas à le faire savoir via les commentaires

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Une barre de navigation multi-sites pour les groupes de presse ou restez chez nous, l'info est fraîche

par Thomas Fourdin, le 23 octobre 2012

Avec la refonte récente des sites France Télévision, on voit apparaître une barre de navigation spécifique, en haut de page, pour naviguer vers les autres sites du groupe :

barre de navigation muti-sites chez France Télévisions

barre de navigation muti-sites chez France Télévisions

Cette approche d’une barre multi-sites est également apparue cette année sur lemonde.fr et certains autres titres du groupe (mais pas tous ?!) :

barre de navigation multi-sites au Monde

barre de navigation muti-sites au Monde

Bien sûr, cette forme de navigation est surtout connue aujourd’hui pour être mise en œuvre sur l’ensemble des services Google, suite à l’arrivée de Google+. Cette intégration allant de pair avec l’uniformisation des designs, des comptes utilisateurs et des conditions générales d’utilisation :

barre de navigation multi-sites sur les services Google

barre de navigation muti-sites chez Google

On la retrouve également sur certains groupes de presse étrangers :

barre de navigation multi-sites chez Fox News

barre de navigation muti-sites chez Fox News

barre de navigation multi-sites chez la BBC

barre de navigation muti-sites à la BBC

En dehors des groupe de presse, beaucoup de grands groupes privés ou d’organismes alimentent un grand nombre de sites Internet et doivent favoriser la navigation à l’intérieur de leur présence en ligne. Cette approche pourrait donc être amenée à faire des petits.

Connaissez-vous d’autres illustrations de cette fonctionnalité ? Pensez-vous que les multinationales vont bientôt s’y mettre ?

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Lancer son service Web ? oui mais… ou les erreurs trop entendues des entrepreneurs Web

par Thomas Fourdin, le 11 juin 2012

Mon expérience des start-up se résume à une tentative avec bitwiin.com, le côtoiement, par ce biais, de l’incubateur de l’ESSEC et quelques lectures régulières sur les blogs dédiés au sujet. Mais il se trouve qu’on rencontre souvent en ce moment des porteurs de projet qui cherchent autour d’eux des avis et des conseils. Histoire de formaliser ce que j’en pensais, j’écris ce billet.

Je vais commencer par les erreurs classiques mais qui ont le don de me faire bondir à chaque fois :

Accessible n’est pas visible ! ou Le projet ne se termine pas une fois le site en ligne, il y commence
L’erreur classique des créateurs de sites (start-up ou autre d’ailleurs) est de croire que le projet consiste à mettre en ligne un site. Ensuite, ils considèrent que la valeur ajoutée de leur concept se suffisant à lui seul, les internautes vont affluer et garantir le succès des créateurs. En réalité, c’est tout l’inverse et on ne le répétera jamais assez : un site en ligne ne sert à rien si il n’est pas visible et cette visibilité se construit et s’alimente jour après jour. Je veux parler ici de promotion, de référencement, de politique éditoriale, d’animation, de partenariats. Une masse de travail quotidien pour, enfin, parvenir se démarquer dans une concurrence bien plus complexe et dense que sur n’import quel autre support.

Le web c’est automatique ! ou si Mark Zuckerberg travaillait ça se saurait
Plus globalement, je suis intimement persuadé que seul le travail se paye et c’est valable sur Internet comme partout ailleurs. Autrement dit, si vous avez trouvé le concept qui marche tout seul (ou grâce aux gentils internautes qui travaillent gratuitement), vous avez sans doute tout faux. Wikipedia a besoin d’une armée de contributeurs, Meetic a investi dès le début beaucoup d’argent dans la modération, Google doit affiner son algorithme quotidiennement, etc. Pour lancer un service sur le web, il faut anticiper le coût de cette main d’œuvre d’exploitation, celle qui fait la valeur ajoutée et la promesse de rentabilité.

Tiens-toi bien Facebook ! ou Ajoutez-en moi encore un peu
Quand on conçoit un service, on aimerait qu’il soit parfait et complet dès le début. On le compare à des services existants qui ont quelques années derrière eux. La tentation est grande alors de vouloir tout mettre dans son service. La personnalisation, les alertes automatiques, le social, le mobile, la vidéo, le support en ligne, l’apéro. Mais un service ainsi conçu ne sera jamais prêt pour une mise en ligne. De plus, il sera impossible de communiquer simplement sur le lancement d’un service tentaculaire qui se veut remplacer du même coup Facebook, Google et eBay. Au contraire, le web possède cette plasticité qui permet de mettre en ligne très vite un embryon de service, de le confronter aux usages, d’attirer l’attention… et de réorienter le cap si nécessaire.

Demain ? le monde. ou Pourquoi choisir son public quand tout le monde nous voit
Corollaire de l’erreur précédente : le web n’ayant pas de frontière, pourquoi limiter son audience ?! Tout simplement pour mieux la servir. A l’échelle du monde, vous serez toujours un minuscule acteur. Pour votre niche ou dans une échelle locale, vous pouvez devenir légitime voire incontournable. Et bichonner votre cible, l’écouter, échanger, la comprendre. C’est cette proximité là qui fait la différence et votre valeur ajoutée.

Et la technique ? ou La magie d’Internet est cachée entre les 0 et les 1
Vous avez remarqué que je n’ai pas parlé de technique ? D’après moi, les questions de solutions techniques, de développements, de serveur haute capacité sont des questions secondaires. Vous pourrez toujours mettre en œuvre l’architecture parfaite une fois que vous serez convaincu de votre concept et surtout, une fois que vous aurez convaincu d’autres de vous accompagner. D’ici là, foncez, bricolez, testez ! De toute façon, les technologies évoluent tellement vite, qu’à entendre vos futurs développeurs, il faudra tout reprendre à zéro dans deux ans.

Ne soyons pas (que) pessimistes. On peut aussi lancer aujourd’hui un service qui fonctionne, qui fait vivre ses créateurs et qui (soyons fous !) fait avancer le web. Mais dans ce cas, il faut user de bon sens, de bon sens et de bon sens et prendre la démarche par le bon bout :

Se lancer, se lancer, se lancer ou On ne va pas attendre que ça fonctionne pour vérifier si ça marche
Pour ça, pas besoin d’avoir un site fini ou un service complet. Dès que vous pouvez donner de la visibilité sur votre site et commencer à rencontrer vos futurs acteurs (utilisateurs, clients, partenaires, etc.), faites-le ! A coup de prospectus papier si il faut, ou de démarchage téléphonique. Si la sauce prend, vous serez plus motivé et serein pour la suite, mais aussi beaucoup plus crédible et légitime sur le sujet.

Mesurer, mesurer, mesurer ou Compte-là-dessus, tu m’intéresse
Se lancer tôt c’est bien mais autant en tirer toutes les informations concrètes possibles c’est mieux. Histoire de confronter enfin à la réalité tous ces chiffres qu’on serinait dans le business plan. Pour ça, mettez en ligne, branchez un outil statistique, suivez les requêtes dans le moteur de recherche, ouvrez grand la boîte aux retours utilisateurs, soyez accessible et disponible sur les réseaux sociaux. Autant de riches informations sur les usages ou de contacts clés pour la suite.

Trouver du monde ou La sauce est meilleure à plusieurs
Enfin, parlez de votre projet avec tout le monde, tout le temps, partout. Présentez-le, expliquez-le, testez les réactions, cherchez vos futurs utilisateurs, vos futurs investisseurs, vos futurs partenaires partout autour de vous. Vous parvenez à convaincre des gens qui ont le droit de vous fâcher ? Mieux vous parvenez à trouver des associés ou des partenaires qui y croient suffisamment pour y mettre du temps ou de l’argent ? Vous devez tenir quelque chose. Mais, par ailleurs, si votre famille, votre mari ou vos amis proches sont convaincus que vous tenez l’idée du siècle, ça doit plus vous rassurer sur leur attachement que sur votre idée.

Exploitez-vous ! ou Votre valeur est LA valeur
Et si vous cherchez des idées, cherchez proche de vous. Sachez capitaliser sur votre singularité, vos passions, votre réseau, vos compétences spécifiques et, même, vos besoins insatisfaits. Si votre service émane naturellement de votre personne, cela vous donnera un point d’appui fort pour vous lancer et une longueur d’avance appréciable sur la concurrence.

Voilà pour aujourd’hui… Que du bon sens mais quand on se lance dans ce genre de projets, mieux vaut se les répéter encore et encore pour éviter les déconvenues douloureuses. Si vous souhaitez en apprendre plus sur ce domaine, ses pièges et ses joies, je vous invite à lire le blog (et les archives) de Guilhem Bertholet : www.guilhembertholet.com.

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La difficile collaboration à long-terme entre une PME et son agence Web ou l'amélioration continue survivra-t-elle à la routine ?

par Thomas Fourdin, le 31 janvier 2012

Dans un précédent billet (Pour une PME, dompter son existence en ligne est pari impossible ?), je notais combien le web s’était complexifié ces dernières années. A quel point il devenait difficile pour une entreprise dont ce n’est pas le métier de penser et d’optimiser sa présence en ligne. Outre la spécialisation grandissante des métiers du web, une dimension supplémentaire, celle du temps projet, vient encore d’avantage « gripper » les relations entre le petit annonceur et ses prestataires Internet.

Dans ses supports de communication du XXe siècle (!), l’entreprise entretenait essentiellement un mode dit « projet » avec ses agences. Les étapes étaient clairement successives depuis la définition jusqu’à la livraison (impression, diffusion) du produit fini. Avant de reprendre un nouveau projet pour la campagne suivante. Et tenter, autant que possible, de tirer les enseignements du bilan précédent.

Avec le web, le schéma d’amélioration continue de sa présence en ligne amène une temporalité bien différente. Il ne s’agit plus de collaborations éphémères et régulières, mais plutôt d’une coopération permanente entre l’annonceur et ses agences. Le passage brutal d’un mode « projet » à un mode « exploitation continue » qu’il s’agit, pour les entreprises, d’apprivoiser.

En effet, ce nouveau mode de collaboration se révèle beaucoup plus complexe à manier. L’entreprise et ses agences se trouvent embarquées ensemble pour une durée conséquente sans réelle possibilité de se séparer. Sur la majorité des projets auxquels il m’a été donné de participer, une agence web a, par exemple, été choisie lors de la création ou refonte d’un site. Bon gré mal gré, l’annonceur continue à la faire intervenir jusqu’à la prochaine refonte mais le cœur n’y est plu. Les tâches d’aménagement ou de corrections sont trop minces et trop peu visibles pour attirer l’enthousiasme de l’agence. L’annonceur, obligé de faire appel à l’agence en charge de la réalisation initiale, se sent pris au piège et trouve tout trop cher. L’urgence est beaucoup moins palpable que lors du projet initial où une date officielle de mise en ligne avait été annoncée en grande pompe. La réactivité s’en ressent et la liste des « petites choses » à faire s’allonge…

C’est pourtant sur cette gestion de la vie du site que les enjeux sont les plus grands. Lors de la création d’un dispositif en ligne, les idées ont fière allure mais ne sont pas passées au crible de leur efficacité réelle. Une fois en ligne, des données beaucoup plus factuelles pointent du doigt les faiblesses qu’il faudrait corriger. Ces « petits aménagements », appuyés sur des chiffres beaucoup plus concrets, font réellement la différence !

Peu de pistes d’amélioration pour faciliter cette collaboration continue entre l’annonceur et ses agences web sinon de compter sur une « éducation » à mener des deux côtés pour aboutir à une meilleure compréhension mutuelle. Pour que les objectifs soient les mêmes et l’amélioration continue une vraie force.

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Pour une PME, dompter son existence en ligne est pari impossible ? ou le web en 2011, une affaire de spécialistes

par Thomas Fourdin, le 19 octobre 2011

En 2011, la spécialisation de l’Internet pousse dehors les petits et moyens acteurs, difficilement en mesure de tenir le rythme et les budgets.

L’apogée du « 2.0 » signifiait la conquête du web par le grand public. Plus besoin d’être bidouilleur ou d’avoir les moyens d’une grande entreprise pour être enfin visible et diffuser ses contenus et idées en ligne.

Pour les petites et moyennes entreprises, c’était le temps de la facilité. Pour qui avait un peu de jugeote, il devenait possible d’exister à moindres frais en ligne. Une plate-forme de blogs, un CMS gratuit, un compte paypal et l’essentiel était assuré.

les 4 âges de l'Internet

4 âges pour l’Internet ?

Mais avec la professionnalisation galopante d’Internet, ses usages et ses outils deviennent toujours plus complexes à maîtriser. Il faut désormais percer à jour les arcanes des liens Adwords ou des Facebook Ads, tenter de suivre les virages des groupes et pages Facebook, y soigner sa relation, surveiller son « e-réputation », décrypter les API, géolocaliser, doper son SEO, décrypter les règles juridiques, analyser ses statistiques, produire des vidéos, décliner ses services sur mobile, maîtriser des CMS spécialisés. Autant de disciplines différentes impossibles à maîtriser à temps partiel.

Alors que chez les pure players, le nombre de fiches de postes distinctes dédiées à Internet se comptent désormais en dizaines. Alors que les agences se spécialisent qui dans le social CRM, qui dans les web-analytics, qui dans le brand content, etc. Alors que les budgets pour capter l’attention d’un internaute sursollicité augmentent chaque jour. Comment, pour un petit ou moyen acteur sur le web, réussir à maintenir un dispositif digital optimisé et soutenir le rythme des innovations et tendances ?

Maintenir une compétence suffisante en interne est pari impossible ; s’attirer les services d’un expert pour chaque domaine un gouffre financier. Que faire ?

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