Paris Web 2010, j’y étais !

par Thomas Fourdin, le 18 octobre 2010, 15:11 - Lien permanent

catégorie : Événements - tags :

Jeudi, vendredi et samedi se tenait la conférence « Paris Web, Web design, qualité et accessibilité ». Une conférence axée sur le design d’interfaces web (on y revient). Ici pas de spécialisation monothématique comme pour les conférences liées à une technologie particulière ; pas non plus de culture du buzz et des concepts à la mode comme pour les conférences « 2.0 ». Mais plutôt une passion partagée pour un web de qualité avec l’accessibilité et le respect des standards comme mots d’ordre !

Toutes les conférences seront rapidement consultables par tous sur les espaces Dailymotion et Slideshare officiels.

Je n’ai malheureusement pas pu assister à l’ensemble du programme et chaque intervention mériterait d’y passer des heures. Je vais donc plutôt tenter de dégager quelques idées clés sur le métier ici évoqué.

La conception d’interfaces web, un métier mal reconnu

Le thème principal de Paris Web tourne autour de la conception d’interfaces web. Cette étape peu visible qui fait le lien entre le graphisme (ou webdesign) à l’œuvre sur une maquette et le développement côté serveur pour traiter les données (je schématise !). Pour cette étape on parle d’« intégration », de « développement front », de « découpage » et de bien d’autres formulations. Un problème de vocabulaire et de valorisation soulevé notamment par Éric Daspet lors de son intervention.

Pourtant cette étape est clé. Le web est un média interactif qu’on ne peut restreindre à des critères esthétiques. Son efficacité dépend directement de la façon dont son usage a été prévu en amont.

A l’opposé, le web est aussi un média incroyablement ouvert et libre d’accès devenu indispensable pour l’organisation sociale et la démocratie. Il faut assurer qu’il le reste.

L’ensemble des interventions ont montré que du travail reste à faire pour convaincre les décideurs et les autres métiers du Web d’accorder de l’attention à cette compétence précise. Paris Web en est un des leviers francophones et livre quelques pistes :

  • valoriser la qualité d’une interface web avec des enjeux économiques pour mieux convaincre : public atteint, objet de communication, optimisation du référencement, facilité de maintenance ;
  • déployer en entreprise une fonction transversale de « responsable qualité web » ;
  • essayer de nommer, de définir et de porter plus précisément cette compétence pour mieux la valoriser et la faire reconnaître (suivre @edasfr pour plus d’infos).

Le web, un métier et/ou une passion ?

Paris Web est un microcosme très déformant du métier du web puisqu’il concentre un nombre incroyablement élevé de passionnés ! Mais les années aidant, on observe que cette passion devient mature (j’y reviens). Sans abandonner pour autant la volonté de fournir un média accessible à tous et l’amour du travail bien fait.

Même si le pourcentage de passionnés devrait se réduire avec le temps (élargissement du métier, professionnalisation), il faut maintenir cette dynamique positive. Pour cela, il est nécessaire d’entretenir un nombre suffisant d’experts captivés par ce qu’ils font et enclins à partager leurs compétences et leurs savoirs avec l’ensemble de la profession.

  • réorganiser annuellement Paris Web (en voilà une idée) !
  • ouvrir Paris Web à la diffusion vers l’ensemble du métier et de ses acteurs et éviter d’en faire une chasse gardée des spécialistes inaccessibles.

Une compétence en perpétuelle évolution

5 ans de Paris Web et toujours des révolutions constantes dans le métier. Comme rappelé par certains intervenants, la vitesse à laquelle les outils (les navigateurs notamment) évoluent est considérable et propre au Web. HTML 5 et CSS 3 sont déjà en train de rendre possible des choses impensable il y a 2 ou 3 ans. Les usages se répandent comme aucune technologie ne l’avait fait jusqu’alors.

Ce dynamisme renversant rend difficile la tâche de ceux qui travaillent sur le sujet. Une veille permanente et une remise en question régulière permettent seules de rester à jour et de garantir un travail toujours aussi bien réalisé.

  • réorganiser annuellement Paris Web (déjà dit il est vrai) ;
  • utiliser quotidiennement les blogs, sites de référence et autres twitter et se construire une liste de prescripteurs (les orateurs de Paris Web peuvent fournir une liste de démarrage prête à l’emploi).

Une approche pluridisciplinaire

Après 5 années d’existence, Paris Web explore toujours de nouveaux territoires. Les thèmes principaux restent la conception d’interfaces Web, l’accessibilité, les standards bien sûr. Mais le Web se trouve au point de rencontres de nombreuses compétences et savoir les reconnaître (puisqu’il devient impossible de tous les maîtriser) est un atout indispensable.

Cette année par exemple il a été question de typographie, de mise en page, d’analyse statistiques, de vin, de tests utilisateurs, de rédaction, de dialogue entre agences et clients, et j’en passe …

  • continuer à donner envie d’explorer toutes les compétences mises en œuvre pour aboutir à un site Web de qualité !
  • rester concentré sur la conception d’interfaces Web de qualité pour conserver la spécificité thématique de Paris Web (il y a déjà beaucoup trop de conférences axées sur l’économie Web, l’entreprenariat, le e-marketing ou les médias sociaux).

Du dogmatisme au pragmatisme !

Un des reproches que je faisais l’an dernier à Paris Web était une certaine forme de repli sur soi-même. Du aux trolls systématiques (anti-IE, anti-Flash, anti-tane, etc.), les private jokes et une certaine forme de mépris pour « ceux qui ne savent pas ».

Cette année, je dois dire que je n’ai plus du tout ressenti ce constat. La diversité des orateurs et du public témoignent d’un bel élargissement. J’ai trouvé dans chacune des interventions une volonté de rendre le discours accessible à tous et de se rendre pratique aux yeux du public. Plutôt que de dresser une liste de méthodes autorisées et d’interdits à appliquer telle quelle, chacun des orateurs a réussi à présenter des conseils à utiliser en fonction du contexte. Le mot d’ordre étant de ne pas s’agripper à la règle mais d’en tirer le maximum !

Cela démontre la vivacité de Paris Web et de ce métier qui est passé d’un mode défensif à un mode diffuseur d’idées !

Autrement dit et en deux mots, je salue la richesse et le dynamisme de cette conférence unique en son genre (au moins en France) qui réconcilie avec les fondements du métier et donne à patienter largement jusqu’à son édition suivante. Merci !

(nota-bene : À noter que j’en disais déjà la même chose l’année dernière : Retour sur Paris Web 2009 : un métier ou une passion, un droit élémentaire ou un business ? Une culture professionnelle ? !)

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